top of page

LA JOIE – GUIDE PRATIQUE SUR LES ÉMOTIONS

Y’a de la joie, bonjour bonjour à vous !

Et oui, les psychologues peuvent aussi parler de la joie, ça vous étonne ? 😉

Tout d’abord il est important de préciser que la joie est une émotion, c’est-à-dire un mouvement transitoire du corps et de l’esprit qui nous permet de nous adapter à notre environnement. Comme c’est le cas pour la tristesse, la peur, la colère et le dégoût, la joie fait partie des émotions universelles de base appelées aussi émotions fondamentales ou primaires (comme pour les couleurs J). En d’autres termes cela veut aussi dire que ces émotions font partie de notre patrimoine de naissance et ce, quels que soit notre culture, notre sexe, notre éducation etc… Bien évidemment, l’universalité de ces émotions ne se manifeste que dans ce que celles-ci créent en nous et dans le message qu’elles nous communiquent, mais non dans les événements qui les causeraient (car cela reste individuel et personnel à chacun).

Il est souvent bien difficile de pouvoir identifier l’émotion qui nous anime et/ou en comprendre le sens. Cette difficulté réside dans une méconnaissance voire une confusion de nos émotions et de leur message. C’est pourquoi il faut d’abord dresser l’identité de l’émotion (ce qui est universel), pour ensuite comprendre ce qu’elle nous renvoie au niveau individuel.

Alors c’est parti, « joie éclaire nous: qui es tu, que fais tu ? »

IDENTIFIER LES MANIFESTATIONS PHYSIQUES DE LA JOIE :

Comme pour chacune de nos émotions, la joie provoque son lot de réactions et de changements au niveau physique et physiologique, lui permettant de faire face à son environnement. Ainsi voyons comment celle-ci se présente.


Cette carte corporelle des émotions a été élaborée par l’équipe du Dr Lauri Nummenmaa (de la faculté des sciences d’Aalto en Finlande). Celle-ci nous permet de mieux visualiser ce que chacune de nos émotions va créer en nous.

Dans un premier temps c’est le cerveau qui va recevoir et traiter l’information émotionnelle. Puis en fonction de celle-ci, le cerveau va libérer des hormones pour permettre au corps de réagir en conséquence.

Dans la joie les hormones produites et libérées vont avoir plusieurs fonctions. Elles ont à la fois un but relaxant mais aussi excitant (vous comprendrez pourquoi plus loin dans l’article).

Nous allons retrouver la libération de :

  • la dopamine(hormone du plaisir)

  • la sérotonine(hormone de la bonne humeur)

  • l’adrénaline(hormone de l’excitation)

  • l’ocytocine(hormone du lien social).

Toutes ces hormones vont être à l’origine du fonctionnement de nos systèmes nerveux autonomes, c’est-à-dire les organes de notre corps qui s’activent sans que nous ayons besoin d’agir consciemment dessus (exemple : respirer, faire circuler notre sang etc…)

Dans ces systèmes nerveux autonomes nous retrouvons le système sympathique, qui a plus un rôle « d’accélérateur » dans le corps, ainsi que le système parasympathique qui quant à lui va « canaliser » ou freiner certaines fonctions de l’organisme. Ces deux systèmes fonctionnent de pair et permettent au corps de rétablir une forme d’équilibre, quel que soit le changement qui est en train de s’opérer, comme c’est le cas avec… nos émotions !

Lors de la joie, ces hormones et ces systèmes vont créer de forts battements de cœur mais ralentir la fréquence cardiaque. La respiration est ample et nous ressentons des vagues de chaleur qui nous envahissent. Nous pouvons le voir sur la carte corporelle, avec la joie c’est tout notre corps qui est « suractivé ».

Nous irradions de toute part !

L’explication de ce phénomène est toute simple. Lorsque nous nous référons à la médecine chinoise, les organes associés et/ou affectés par la joie sont le cœur et l’intestin grêle.

Ainsi, comme le cœur a pour fonction de faire circuler notre sang et que celui-ci est présent dans tous nos muscles, donc dans la totalité de notre corps, nous comprenons pourquoi toutes les zones de notre corps sont activées. Les muscles sont ainsi bien alimentés, ce qui procure et apporte de l’énergie à tout notre corps ainsi qu’un sentiment de bien être lié à une digestion plus facile.

A ce stade de présentation soyons également conscients que, et comme c’est le cas pour toutes nos émotions, l’excès d’activation d’organes impliqués dans une émotion peut être à l’origine de dérèglements plus durables et embêtants (cf : « les et-moi-tions »). L’émotion joie n’échappe donc pas à la règle : bien que celle-ci soit agréable à ressentir, lorsqu’elle est éprouvée en excès ou difficile à réguler, les organes impliqués se fatiguent et peuvent causer, entre autres :

  • nervosité/excitation

  • tachycardie

  • insomnie

  • manque de concentration etc…

La réciproque est bien évidement présente. Une émotion ressentie a également comme fonction de guérir les dysfonctionnements causés par une autre émotion. N’oublions pas qu’une émotion est là pour garantir notre survie et donc pour nous protéger.

Dans la joie, le fonctionnement de certains organes est apaisé (par exemple : nous avons une meilleure digestion, une meilleure respiration etc…) ce qui permet de développer une certaine résistance aux infections ou blessures (idem sur le plan psychique : la joie nous permet de résister, mieux vivre, être protégé face aux aléas de la vie).

***

Sur la carte corporelle vous avez pu constater que nous avons inscrit l’amour ainsi que la fierté.

Ces émotions sont des émotions « dérivées » de la joie. Contrairement aux émotions « mixtes » (cf: précédents articles) qui sont des mélanges de deux émotions primaires, les émotions dérivées ne contiennent aucun mélange.

L’amour et la fierté sont des émotions associées (ou dérivées) de la joie. Elles correspondent à la catégorie des émotions positives comme la « joie ».

COMPRENDRE LA JOIE

A – LA DÉFINIR :

Il semble plus facile d’identifier et de reconnaitre les moments où nous ressentons de la joie car, de toutes nos émotions primaires, c’est la seule qui soit considérée comme « positive » ou du moins plaisante à ressentir. En tout cas, il est rare de la confondre avec de la colère, de la peur, de la tristesse du dégoût (tandis que ces émotions-là peuvent se confondre entre elles lorsque le message ou le rôle de chacune n’est pas bien défini – cf précédents articles)

Identifier la joie en nous ne pose donc pas vraiment de problème. En revanche, la problématique réside dans le fait que nous avons tendance à la considérer autrement qu’une « simple » émotion, c’est à dire autrement qu’un mouvement transitoire du corps qui nous permet de nous adapter à notre environnement et assurer notre survie.

En effet, la joie se confond souvent avec le « bonheur » et c’est pour cela que nous avons tendance à croire qu’il faudrait à tout prix (re)trouver sans cesse cette émotion de joie.

Mais il est impossible (et pas bon) de ne ressentir QUE de la joie.

En effet : la joie reste une émotion et comme nous l’avons vu, si nous « sur-activons » trop les mêmes organes, ils se fatiguent et ne sont alors plus aussi fonctionnels ou aussi utiles pour nous. En effet, être dans un état de joie permanent n’est pas plus recommandé que de manger tous les jours du chocolat « parce que c’est bon pour la santé » (valable avec tous les aliments et toutes les émotions…). Peut-être que nous trouvons ça bon, mais comme pour tout : pas en excès !

Néanmoins restons indulgents avec nous même : nous avons tendance à confondre joie et bonheur car la joie nous procure les mêmes sensations que lorsque l’on est serein et heureux. Et n’est-ce pas normalement la quête de tout être humain que de vouloir accéder au bonheur ?

Et soyons honnêtes : c’est cette quête du bonheur qui nous pousse à essayer toutes les techniques enseignées par les « pros de la joie / du bonheur ». Que ce soit en passant par la méthode Coué, la psychologie positive, le miracle morning, les techniques de relaxation (méditation, Hygge, yoga and co…) nous pensons que grâce à cela, nous serons heureux.

Mais attention : encore une fois, la joie et le bonheur sont des choses bien distinctes !

Un(e) émotion/sentiment/état (peu importe ici) s’éprouve mais ne se commande pas !

Et bien évidement, ces techniques ne nous comblerons jamais entièrement si nous ne sommes pas au clair et en phase avec ce que nous cherchons : c’est-à-dire le vrai MOI. Nous aurons beau faire « tout bien comme ils disent », si nous ne savons pas ce que nous recherchons alors l’objectif d’être heureux semble plutôt compromis (ou du moins pas très authentique) : et auquel cas ce n’est pas si réjouissant, si ?

Ceci étant dit, pour atteindre cet état de Graal (de bonheur, de phase avec soi-même) il faut alors, et dans un premier temps, faire connaissance avec toutes nos émotions (car c’est prise dans leur ensemble qu’elles disent tout de nous). Lorsque nous prenons la joie pour ce qu’elle est, nous savons que cette émotion est là pour nous aider dans notre évolution et nous faire passer des messages.

Dès lors, quels seraient-ils?

B – QUEL EST SON RÔLE ? SON MESSAGE ?

Nous ressentons de la joie lorsque nous réussissonsquelque chose, que nous reconnaissons (ou lorsque les autres reconnaissent et font remarquer) que nous avons avancé vers un objectif. En somme nous l’éprouvons lorsqu’un ou plusieurs de nos besoins sont satisfaits. Ainsi et contrairement au bonheur, la joie se porte sur un objet précis. De fait, son message est plutôt simple : ce qui nous a provoqué de la joie est un bienfait, et en l’identifiant nous pouvons nous en servir pour la suite.

La joie à comme fonction de nous « auto récompenser » de nos efforts et de nous faire du bien. C’est son besoin à elle : provoquer le « plaisir intégral du corps et de l’esprit, accompagné d’une adhésion à soi-même ». Ce besoin sera également ce qui va permettre à l’individu de se protéger. Comme nous l’avons compris au niveau corporel, la joie va nous aider à réguler les fonctions de notre organisme qui ont étés trop affectées par une autre émotion. De fait la joie va nous armer (protéger) face aux possibles infections, blessures, dérèglements que nous pourrions rencontrer (toujours sur le plan physique ET psychique).

De plus, la joie nous donne l’énergie pour aller encore plus loin et ce grâce aux hormones relaxantes et excitantes. Cet état de bien être corporel et psychique renforce notre motivation à agir, notre créativité et notre altruisme. En effet c’est souvent quand nous éprouvons de la joie que nous allons avoir des flashs d’idées qui permettent de débloquer une situation ou du moins d’évoluer dans celle-ci. De même, en étant joyeux nous avons effectivement tendance à dire « bonjour, bonjour les hirondelles », à aller un peu plus vers les autres et/ou renforcer nos liens avec eux.

C’est donc une émotion « d’ouverture » c’est à dire qui se partage avec les autres. Elle est expansive, elle s’exprime (c’est aussi le cas de la colère qui se partage avec les autres : « oh, joie ! »).

La joie s’accompagne toujours du sentiment d’être en phase, en plein accord avec notre être et c’est en cela qu’identifier les éléments de NOTRE joie est extrêmement précieux. En effet, nous pouvons par ceci nous découvrir ou nous rapprocher de plus en plus de ce qui est important/vital dans NOTRE vie ou pour notre identité, et ainsi pouvoir nous en servir par la suite dans notre mission de vie (= quête du bonheur).

Il est vrai qu’en général, nous allons consulter des professionnels de santé lorsque nous éprouvons des difficultés et non quand « nous sommes heureux et que tout va bien », cela paraît logique de prime abord. Pourtant, et comme c’est le cas pour toutes nos émotions, nous comprenons que le message de la joie est tout aussi utile que celui véhiculé par nos autres émotions. Comme l’émotion “joie” des uns n’est pas l’émotion “joie” des autres, que c’est quelque chose de personnel et donc d’unique, il est important de la prendre en compte pour ce qu’elle vient dire de nous et pour nous.

Conscientiser cette émotion (et les autres aussi) va être d’une immense aide si vous souhaitez débuter ou poursuivre un travail accompagné par un professionnel de santé. Que la joie soit utilisée comme point de départ ou comme référentiel sur lequel se baser elle est la bienvenue pour vous aider dans votre cheminement…

Alors n’hésitons plus, parlons-en… à « cœur joie » !




213 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page